Mon 1er Marathon

« J’aimerais bien courir un premier marathon mais j’ai peur. » Si l’on reste, comme l’auteur de Marathonien de coeur et d’esprit, un aimable dilettante, mieux vaut sans doute se dire « j’ai peur » que se lancer tête baissée dans l’aventure comme s’il agissait d’un jogging dominical ou même d’un « 20 Km », sans s’entourer d’un minimum de précautions.

 


1)
Se faire examiner par un médecin du sport et, de préférence, un cardiologue, comme le fit la Ministre des Sports française en exercice avant de se lancer dans la préparation de son Marathon de Paris en 2011, paraît d’autant plus judicieux qu’un marathon entraîne notamment des micro-lésions musculaires exposant les sujets vulnérables à un plus grand risque d’embolie.

 

2) Un marathon ne se conçoit pas comme un simple happening social dont il faut absolument être pour exister. Pour que le plaisir soit réellement au rendez-vous, un marathon se programme et se prépare. Mieux vaut l’envisager en ayant au moins une saison complète de running sans accroc à son actif avec des sorties hebdomadaires (trois à quatre minimum, y compris la compétition du weekend), une vingtaine de courses de 10 à 12 km, trois ou quatre « 20 Km » ou « semis » et, si possible, une course sur 25 ou 30 km.

 

3) Une règle de base reste « connais-toi toi-même ». L’entraînement doit être régulier et progressif (certains préconisent de ne jamais augmenter la charge d’entraînement de plus de 10% d’une semaine à l’autre) et il faut être à l’écoute de son propre corps. En cas de douleurs, a fortiori abdominales, de perte d’appétit ou de sommeil, il faut relâcher l’effort et, si le problème persiste, consulter un spécialiste qui, de préférence, pratique lui-même la course à pied.

 

4) Un marathon et sa préparation consistent en des efforts de longue durée. Ils impliquent une discipline. Cette dernière ne doit toutefois pas se transformer en ascèse monacale et porter préjudice aux autres aspects de la vie quotidienne, familiale et professionnelle. Pour entretenir la motivation, rien ne vaut de varier les distances et les décors (les marches ADEPS aux quatre coins de la région s’y prêtent bien!) et d’associer famille et amis aux sorties d’entraînement (même si l’accompagnement se fait à vélo!) ainsi qu’aux principales compétitions. Rien de tel pour les neurones qu’une après-midi au grand air, loin de tout écran!

 

5) Le choix d’un premier marathon est primordial et dépend lui aussi de chacun. A priori, il est plus sensé d’être entouré que d’être livré à soi-même pendant plusieurs heures ainsi que de choisir un parcours ne présentant pas de difficultés particulières, la distance y suffisant déjà amplement. Les marathons de Paris et Berlin (ce dernier avec plusieurs centaines de milliers de spectateurs tout au long d’un parcours grandiose) remplissent tous les critères avec comme seule restriction que l’abondance de la participation en fait nécessairement des événements plus « régentés ».

 

6) La météo s’institue comme un autre critère essentiel dans la sélection d’un marathon et plus encore d’un premier. Certains supportent mieux la chaleur que d’autres qui préféreront une relative fraicheur. Avec leurs dix à vingt mille participants, Barcelone et Madrid (accessibles par compagnies « low cost ») constituent de belles destinations-marathons mais la chaleur, en mars et en avril, y est habituellement plus précoce que sous nos latitudes. Hambourg (en avril) et Francfort (en octobre), toutes deux accessibles par la route, réunissent des participations du même ordre et offrent des alternatives plus tempérées.

 

7) L’équipement joue bien entendu un rôle important. Un premier marathon n’est pas le moment opportun pour chausser de nouvelles chaussures, enfiler des chaussettes neuves ou changer ses habitudes vestimentaires. Le maître-mot pour un premier marathon, c’est préparation, non expérimentation.

 

8) Surtout si le marathon se déroule à l’étranger, repérer les lieux (consigne, WC, accès à l’aire de départ) et se renseigner auprès d’un membre compétent du comité d’organisation la veille n’est pas un luxe plutôt que se fier à son instinct dans l’excitation du jour J.  A cet égard, arriver une heure trop tôt au départ vaut mieux que dix minutes trop tard.

 

9) Une alimentation équilibrée, solide et liquide, ne changeant rien aux habitudes sauf pour éviter les graisses et autres aliments (alcool, caféine, piments…) susceptibles de perturber le système digestif, paraît l’option la moins hasardeuse en vue d’un premier marathon. Idéalement, le dernier repas, normalement le petit-déjeuner sauf si vous courez le marathon nocturne de Luxembourg ou le Midnight Sun Marathon de Tromso, précédera le départ d’au moins trois heures.

 

10) Que les neuf points ci-dessus précèdent le dernier qui seul traite de l’épreuve elle-même suffit à démontrer l’importance de la préparation d’un effort aussi conséquent qu’un premier marathon. Le courir, pour le « dilettante averti », est en définitive le plus facile, à condition précisément de l’aborder en ce sens, sans se préoccuper du sempiternel « chrono », sauf pour s’assurer que l’on ne se laisse pas emporter par l’euphorie ambiante.

 

Profitez de ce que la ville vous est livrée, regardez autour de vous, arrêtez-vous à tous les ravitaillements et buvez (de l’eau, surtout, et un peu de boisson isotonique), méfiez-vous des « coups de fouet » et autres poudres de perlimpinpin à moins que vous n’ayez fait de leurs « coups de pub » votre pain quotidien, et relâchez-vous. Courez la première moitié de votre premier marathon bien en-deça de votre vitesse moyenne sur 10 ou 20 km avec pour seul objectif d’arriver au bout et en bon état, à votre rythme, sans avoir de compte à rendre à personne si ce n’est à vous-même. Vous vivez une expérience unique et la vie vous appartient.

Les membres déjà inscrits sur le site de votre club :

  • 1 Président
  • 1 Dirigeant
  • 6 Athlètes
  • 11 Supporters